La question se pose avec l’envol d’instagram et de snapchat et ce qu’on appelle désormais les microblogueurs. Combien de blogueuses n’entendont pas dire : «  au 20k ou 30K, je me ferai rémunérer ». Course aux abonnés, exigence des posts, fréquence des publications… Alors bloguer pour vivre ou vivre pour bloguer ?




La fréquence des publications


L’autre jour, on parlait blog/insta avec Amandine. Vous la connaissez surement mieux sous le nom de thesparkleflake et pour son insta ultra canon.
«  tu dois poster plus souvent. L’idéal, c’est une fois par jour à heure fixe. Une fois que tu auras trouvé le meilleur créneau horaire. Et sinon au début ou quand tu as peu de followers, compte entre deux ou trois publications par jour. »
Deux – trois publications, plus le blog, plus les partages sur les autres réseaux et dans tout ça caser le chéri, les amis, le boulot et les divertissements…
Et les journées de 48h on en parle ?
Organisation et planification sont les seuls mots d’ordre. Le temps est optimisé à la minute près. Les transports en commun pour sélectionner les photos et les retoucher, les pauses déjeuner au boulot pour les poster ou les programmer, les pauses clopes s’identifient aux pauses blog (checker, liker, commenter) et les soirées canap sont le plus souvent réservées à la rédaction.
Et bloguer à mi temps ? De mon côté, c’est l’option que j’ai choisie. Question de priorité. J’écris, du moins j’essaie, un article par semaine, je publie une photo tous les deux jours et j’aime jouer aux montagnes russes : une rafale de post pendant deux trois jours puis silence radio.  Evidemment ce n’est pas assez. Pas assez pour vous qui me lisez, pas assez non plus pour accroitre « ma popularité » si je peux appeler ça comme ça, pas assez pour les marques et pour les agences de presse. Mais bien assez pour garder le plaisir. Bien trop de blogueuses publient des articles tel jour et à telle heure et tombent dans le devoir et quelques fois la contrainte.


Une vie de clichés

Bien souvent mon chéri se moque de moi. Lui, l’ingénieur, à mille lieux de tout ça… Comprenez-le quand il me voit parler sur snapchat, ou prendre mon plat en photo, l’empechant de commencer le sien par la même occasion…
L’autre jour, je me suis même achetée une toile blanche – si, si – parce que je n’avais pas de table ou de support pour mes photos insta.
L’étape suivante : adapter ses choix selon ses posts et scénariser sa vie/
«  Je porte quelle robe ? La bleue ou la noire ? Laquelle rendra le mieux dans mon feed ? » ou encore son choix de restaurant, de menu, d’activités, de vacances… Ces choix « cartes postales » comme je les appelle. Je vais peut etre un peu loin ici, mais de plus en plus de blogueuses/ instagrammeuse réflechissent comme ca. Et c’est bien triste.  Et la sincérité ? L’authenticité ?
Je regrette le bon vieux temps où l’on disait : « j’ai un blog ». Désormais, on dit : « je suis blogueuse ». Et là est toute la nuance. Avant le blog, comme instagram, était un lieu de partage, de convivialité, de photos imparfaites. Le blog ne définissait en rien qui on était ou ce qu’on faisait.



La couleur des émotions

Imaginez une journée sans smartphone ( ce qui, pour moi, relève d’un défi colossal). Imaginez un restau sans snapchat. Imaginez ne pas vous arreter 5 minutes pour prendre en photo votre starbucks. Imaginez laisser votre smartphone le temps de l’attraction et profiter du paysage ou faire les cons sur les balançoires. Imaginez le chéri à côté ou votre mère ou quiconque qui n’est pas accro comme vous et moi… 
Alors oui, on prend des photos, on les partage sur le moment, mais entre la réalité et nous, il y a toujours cet écran. Cet écran qui nous fait manquer une anecdote, nous éloigne des conversations, nous éloigne de ceux sans écran…  Et finalement il nous occulte le gout des choses. Les plaisirs instantanés.



Retour en arrière ?


J’ai écrit ce post sur le vif, hier à 3h du matin. Je tenais à vous partager comment je ressentais la blogo aujourd’hui. Mon malaise et ma place. Cet article : un air de séance chez la psy. Que ca fait du bien ! Pour ma part, je serai presque tenter de vous laisser la, mais ce serait aller contre une passion. J’aime bloguer ! J’aime écrire, etre devant ou derrière l’objectif, vous montrez mes trouvailles shopping, mes adresses et vous raconter mes citytrips. Seulement je ne me placerai jamais esclave de mon blog. Je crois encore au bon vieux blogspot, à la blogo bisounours.  Et si il est impossible de faire marche arrière, de freiner l’expansion des réseaux sociaux et le marketing qui l’accompagne, il est possible de prendre le contre pied et de rester fidèle à soi même.